Le questionnaire des collégiens

  1. Quelle est l’œuvre lue dans le cadre de vos cours de littérature au collégial qui vous a le plus marqué.e?
  2. Quel est le personnage fictif que vous détestez le plus ?
  3. Si votre vie était une œuvre littéraire, quel en serait le titre et pourquoi?
  4. Quel livre vous a donné envie d’écrire ?
  5. À quoi ressemble votre rituel d’écriture ?
  6. Avez-vous déjà été amoureux ou amoureuse d’un personnage littéraire ? Si oui, lequel et pourquoi ?
  7. Dans quel livre aimeriez-vous habiter ?
  8. Quel serait votre animal totem et pourquoi ?
  9. Comment avez-vous choisi votre éditeur ?
  10. Si vous n’aviez pas été écrivain, quel métier auriez-vous aimé exercer ?
  11. Quel est l’aspect ou l’élément le plus farfelu de votre vie personnelle que vous avez déjà intégré à l’un de vos romans ?
  12. Quelle a été la critique la plus saugrenue/loufoque/bizarre que vous avez reçue pour l’une de vos œuvres ?
  13. Quel est votre cauchemar récurrent ?
  14. Quel est votre plus bel échec ?
  15. Quelle épitaphe aimeriez-vous avoir ?

STÉPHANE LARUE (2018)

1. Quelle est l’œuvre lue dans le cadre de vos cours de littérature au collégial qui vous a le plus marqué.e ?

Dracula, de Bram Stoker. Surtout pour la première partie. Je la relis d’ailleurs de temps en temps. J’étais captivé, complètement absorbé par l’univers fictionnel qui se déployait sous mes yeux, et envieux en même temps. Pour la première fois, j’ai été vraiment jaloux d’un écrivain. Moi aussi, je voulais écrire avec cette puissance-là.

2. Quel est le personnage fictif que vous détestez le plus ?

Je déteste les personnages qui ne sont pas crédibles, qui sont incohérents. Je déteste les personnages stéréotypés, unidimensionnels, ou bien ceux qui ne servent qu’à faire avancer l’intrigue. Un personnage bien construit, complexe, même s’il est monstrueux, est un personnage que j’aime. Prenez le personnage de Patrick Bateman, le narrateur d’American Psycho : c’est un des personnages de pervers narcissique les mieux rendus dans la fiction. C’est un capitaliste nihiliste et un assassin. Il n’aime personne à part lui-même. Il nous dégoûte, mais on reste fasciné par lui parce qu’on arrive à comprendre ses motivations, à suivre le fil de ses pensées, et on ne peut s’empêcher de lire le livre jusqu’à la fin, ne serait-ce que pour voir jusqu’où il ira dans son délire et sa folie meurtrière.

3. Si votre vie était une œuvre littéraire, quel en serait le titre et pourquoi ?

C’est vrai que je puise énormément dans mes propres expériences pour en faire la matière de mes livres. Mais il y a une différence énorme entre un roman et la somme de tout ce qu’une personne peut vivre. Un roman est délimité par une structure : un contexte, un décor, une intrigue où des personnages sont transformés par des épreuves, un climax. Trouver le titre d’un roman, c’est en quelque sorte réussir à évoquer en quelques mots plusieurs de ces aspects-là. Quelques mots qui éclairent l’ensemble de leur sens poétique. Comment faire alors pour intituler ma vie? Je ne suis pas un personnage, ma vie n’est pas finie. Ce serait forcément réducteur d’essayer.

4. Quel livre vous a donné envie d’écrire ?

Plusieurs livres me donnent constamment envie d’écrire. Quand je lis un texte que je trouve fort, j’ai le goût d’y répondre en écrivant un texte aussi fort. Par exemple, durant l’écriture du Plongeur, j’ai lu des auteurs comme Junot Díaz ou Jean-François Vilar. Leur écriture me stimulait; leurs textes me donnaient envie de me surpasser, ils m’inspiraient et me rendaient impitoyable envers ce que j’écrivais. Je ne suis pas de ceux qui évitent de lire les autres de crainte d’être influencé par eux. Je lis tous les jours et je me nourris de mes lectures, j’y puise l’énergie dont j’ai besoin pour écrire. Ça m’est indispensable, vital.

5. À quoi ressemble votre rituel d’écriture ?

J’écris surtout le matin. Le matin, je suis reposé, j’ai les idées en place. Dès que le café est prêt, j’attaque. Mais une journée d’écriture se prépare la veille. À ce moment-là, je consulte mes notes, je relis les dernières pages que j’ai écrites, je réécris même certains passages. Puis je dors là-dessus et j’ai tout en tête le lendemain. J’essaie d’écrire tous les jours. C’est comme s’entraîner. C’est la fréquence et la régularité qui déterminent les résultats. Écrire tous les jours me maintient dans un état d’esprit où je suis plus allumé, plus créatif, plus efficace, mes pensées sont limpides. C’est comme si l’écriture se nourrissait d’elle-même.

6. Avez-vous déjà été amoureux ou amoureuse d’un personnage littéraire ? Si oui, lequel et pourquoi ?

Tomber amoureux d’un personnage littéraire, je ne crois pas que ça me soit arrivé. Mais je suis déjà tombé amoureux d’univers romanesques. Quand je termine un roman qui m’a fait beaucoup d’effet, j’ai l’impression de perdre quelqu’un que j’aime. Par exemple, Imajica de Clive Barker, American Gods de Neil Gaiman ou même La servante écarlate de Margaret Atwood m’ont fait le coup.

7. Dans quel livre aimeriez-vous habiter ?

J’habite dans les miens lorsque je les écris. Ils sont comme des chalets dans des réalités parallèles. Sinon, j’ai déjà voulu habiter le Paris ou le New York d’Henry Miller.

8. Quel serait votre animal totem et pourquoi ?

Le hibou, peut-être? Je vis la nuit.

9. Comment avez-vous choisi votre éditeur ?

Je pense qu’un auteur et un éditeur se choisissent mutuellement. Dès la première rencontre, mon éditeur a été un interlocuteur précieux et un lecteur hors pair. J’ai senti d’emblée qu’il comprenait ce que je voulais faire et qu’il m’aiderait à devenir l’écrivain que je voulais être.

10. Si vous n’aviez pas été écrivain, quel métier auriez-vous aimé exercer ?

Je suis écrivain le jour et restaurateur la nuit. Si l’écriture n’était pas dans ma vie, je dormirais le jour et je serais restaurateur la nuit.

11. Quel est l’aspect ou l’élément le plus farfelu de votre vie personnelle que vous avez déjà intégré à l’un de vos romans ?

Beaucoup d’aspects de ma vie se retrouvent dans ce que j’écris, mais ça n’est pas aussi simple que de prendre un fait vécu et de le copier-coller dans le roman. Je peux emprunter un trait de caractère à un ami excentrique, ou le tic nerveux d’un ancien boss, et les donner à un personnage qui n’a rien à voir avec l’un ou l’autre. Je peux raconter une anecdote hilarante, mais la recontextualiser pour en faire le contrepoint d’une scène qui se déroule dans un salon funéraire, et vous faire pleurer avec. Je peux me souvenir d’un détail insignifiant de ma vie et le transformer en un moment de tension extrême. Admettons que ça m’est déjà arrivé de vider une marmite remplie de carcasses de poulet puantes, et que le sac à vidanges fende pendant que je remonte l’escalier du sous-sol pour aller le jeter dans la ruelle. C’est le genre d’histoire dont on rit bien quand on la raconte à ses chums autour d’une bière, et dans Le plongeur c’est un moment d’horreur pure. En somme, est-ce vraiment important de savoir si ça m’est déjà arrivé, si ça m’est déjà arrivé comme ça, ou autrement?

12. Quelle a été la critique la plus saugrenue/loufoque/bizarre que vous ayez reçue pour l’une de vos œuvres ?

Des lecteurs m’ont dit qu’après la lecture de certains passages du Plongeur, ils avaient eu envie de prendre une douche pour se décrasser. Ça ne doit pas arriver très souvent que la lecture fasse cet effet à quelqu’un.

13. Quel est votre cauchemar récurrent ?

Je rêve d’une présence maléfique, et elle me révèle qu’elle est aussi dans mon appartement, voire dans ma chambre pendant que je rêve d’elle. J’essaie donc de me réveiller pour l’affronter, protéger ma maison, mais je n’y arrive pas, je reste paralysé dans le sommeil. Un rêve qui était déjà un cauchemar mute pour devenir un autre cauchemar pire encore.

14. Quel est votre plus bel échec ?

J’ai été refusé à l’université quand j’ai essayé d’y entrer une première fois, autour de mes vingt ans. Ça a complètement perturbé le parcours que je m’étais fixé. Je me suis rendu compte qu’au fond, je me l’étais fixé sans me poser de questions. C’était ce que je devais faire selon le système scolaire, ce que tous mes amis faisaient. Et moi, j’allais devoir me trouver un autre projet. Ça m’a sorti du confort, de la paresse et de la pensée magique dans lesquels je trempais à l’époque.

15. Quelle épitaphe aimeriez-vous avoir ?

« Il n’a pas eu le temps de tout lire. »

JEAN-PHILIPPE BARIL GUÉRARD (2018)

1. Quelle est l’œuvre lue dans le cadre de vos cours de littérature au collégial qui vous a le plus marqué.e ?

Maison de poupée, de Henrik Ibsen.

2. Quel est le personnage fictif que vous détestez le plus ?

Tous les personnages de Ramdam. Vos maudites adresses au public, ça a jamais marché.

3. Si votre vie était une œuvre littéraire, quel en serait le titre et pourquoi ?

« Assez parlé de moi, parlons de ma vie. » J’ai un très gros égo.

4. Quel livre vous a donné envie d’écrire ?

Le grand cahier, d’Agota Kristof.

5. À quoi ressemble votre rituel d’écriture ?

J’en ai pas. Je passe beaucoup de temps à réfléchir, puis à rechercher (en lisant, en faisant des entrevues). Ça mijote très longtemps (des mois). Puis quand j’ai une fenêtre de quelques semaines, j’en profite pour écrire de manière très intense. J’ai pas le temps et j’aime pas ça de toute façon m’installer devant un écran blanc pour trouver l’inspiration. Si je m’assois pour écrire, c’est que je suis prêt, et que ça doit sortir.

6. Avez-vous déjà été amoureux ou amoureuse d’un personnage littéraire ? Si oui, lequel et pourquoi ?

Non, pas vraiment. Je suis littérairement frigide.

7. Dans quel livre aimeriez-vous habiter ?

Dans American Psycho.

8. Quel serait votre animal totem et pourquoi ?

Un chien. Je suis social, sympathique, et un peu éparpillé.

9. Comment avez-vous choisi votre éditeur ?

Il est venu voir une pièce que j’ai écrite et mise en scène en 2010. Il m’a dit qu’il publiait pas de théâtre mais que si jamais je voulais écrire un roman, il voudrait bien me publier. Je lui ai dit que ça ne m’intéressait pas. Finalement, j’en ai publié deux chez lui.

10. Si vous n’aviez pas été écrivain, quel métier auriez-vous aimé exercer ?

Je fais plein d’affaires, je suis très chanceux pour ça. Je serais vraiment malheureux si je faisais qu’écrire, dans la vie.

11. Quel est l’aspect ou l’élément le plus farfelu de votre vie personnelle que vous avez déjà intégré à l’un de vos romans ?

Me faire crisser là sur une île qui est reliée au continent qu’avec un seul traversier par jour.

12. Quelle a été la critique la plus saugrenue/loufoque/bizarre que vous ayez reçue pour l’une de vos œuvres ?

Quatre filles m’ont accusé d’avoir volé leur vie personnelle pour un même personnage. Aucune d’entre elles n’était l’inspiration pour le personnage.

13. Quel est votre cauchemar récurrent ?

Me réveiller seul sur l’île qui est reliée au continent qu’avec un seul traversier par jour.

14. Quel est votre plus bel échec ?

Me faire crisser là sur une île qui est reliée au continent qu’avec un seul traversier par jour.

15. Quelle épitaphe aimeriez-vous avoir ?

« Il a quand même réussi à survivre tout ce temps sans se faire assassiner. »

PAN BOUYOUCAS (2017)

1. Quel livre a marqué vos 18 ans, vous accompagne-t-il encore aujourd’hui?

C’est plutôt les livres d’un auteur, Henry Miller. Auxquels je ne pense plus depuis que je suis devenu moi-même écrivain.

2. Quel est votre plaisir coupable de lecture?

Les potins et faits divers de l’Internet.

3. Quel personnage de fiction aimeriez-vous avoir pour ami?

Sheherazade.

ÉRIC DUPONT (2017)

1. Quel livre a marqué vos 18 ans, vous accompagne-t-il encore aujourd’hui?

Le cœur découvert (Michel Tremblay).

2. Quel est votre plaisir coupable de lecture?

Je ne me suis jamais senti coupable dans le plaisir.

3. Quel personnage de fiction aimeriez-vous avoir pour ami?

Le Passe-Muraille de Marcel Aymé.

JOCELYNE SAUCIER (2017)

1. Quel livre a marqué vos 18 ans, vous accompagne-t-il encore aujourd’hui?

C’est vers 18-20 ans que j’ai ouvert ce livre et que j’ai lu Tout m’avale. Quand j’ai les yeux fermés, c’est par mon ventre que je suis avalée, c’est dans mon ventre que j’étouffe. Le choc! On peut écrire comme ça, à partir du ventre, avec des mots que j’entends autour de moi! J’ai lu L’avalée des avalés comme si je n’avais jamais rien lu de ma vie. Mais je ne l’ai pas relu. Mon exemplaire tout jauni se défait dans mes mains quand je le sors de ma bibliothèque. Ce n’est pas pour ça que je n’ose pas le relire. Je veux garder intactes mes émotions de jeune lectrice.

2. Quel est votre plaisir coupable de lecture?

Un plaisir coupable de lecture… je cherche, je cherche et je ne trouve pas. Je lis ce qui est pour moi et quand ça ne l’est pas, j’abandonne le livre assez vite, trop vite parfois, ma culpabilité est là, parfois.

Je cherche, je cherche encore… et je trouve, très loin en arrière… un été d’ennui à Barville, petite ville minière qui n’existe plus, et les photoromans que j’ai lus en quantité industrielle chez mon amie Diane avec délectation (c’est tout ce qu’il y avait à lire dans ma petite ville fantôme) et culpabilité (je savais qu’il y avait mieux à lire en ce monde).

3. Quel personnage de fiction aimeriez-vous avoir pour ami?

Mafalda, devenue adulte. Je l’aime déjà beaucoup en petite fille questionneuse, avide du monde, qui cherche un sens à tout ce qui l’entoure de près ou de loin. J’avais une amie qui était comme ça.  Nous allions au cinéma ensemble et au retour, elle n’en finissait pas de se questionner sur le ceci et cela du film. Mon amie n’est plus, je l’ai perdue il y a trois ans.

J’aimerais bien une Mafalda qui aurait mon âge et avec qui je pourrais poursuivre nos conversations.

LOUIS HAMELIN (2017)

1. Quel livre a marqué vos 18 ans, vous accompagne-t-il encore aujourd’hui?

Je ne me souviens plus si c’était à 17 ou à 19 ans, mais j’opterais pour Le vieil homme et la mer de Hemingway, pour la grandeur du combat autant que pour la brièveté du texte. Le culte que je voue à cette histoire parfois présentée comme une longue nouvelle n’est même pas ébranlé par le fait que son traducteur, l’académicien français Jean Dutourd, a traduit « Red Sox de Boston » par « Les Bas rouges de Boston »… Hemingway n’est plus très « politiquement correct » aujourd’hui. Raison de plus pour le lire !

2. Quel est votre plaisir coupable de lecture?

Les histoires d’espions. Tout ce qui concerne l’espionnage me passionne au plus haut point. Comme je l’ai déjà mentionné dans une chronique, la nuit, pour m’endormir, au lieu de compter les moutons, il m’arrive de passer en revue des opérations du Mossad (services secrets israéliens)…

3. Quel personnage de fiction aimeriez-vous avoir pour ami?

Nathan Zuckerman, l’alter ego de Philip Roth et le narrateur de plusieurs de ses romans… J’aurais aimé, peut-être, qu’il me fasse visiter New York, mais plus encore le rencontrer dans son ermitage, au bout du rang de campagne complètement isolé où il vivait seul et pondait à un rythme effarant un roman de 400 pages après l’autre…

MARC SÉGUIN (2017)

1. Quel livre a marqué vos 18 ans, vous accompagne-t-il encore aujourd’hui?

Je me souviens avoir découvert Anne Hébert à 18 ans. Kamouraska. Bouleversé par cette lecture. Par l’intensité des sentiments et par notre hiver.

J’ai tenté de le lire à nouveau l’été dernier. Malheur. J’ai eu peur d’effacer ce qui avait traversé les années jusqu’ici. Alors j’ai abandonné, préférant les souvenirs.

2. Quel est votre plaisir coupable de lecture?

Plaisir coupable ? Très certainement le Journal de Montréal quand je mange dans un casse-croûte ou un « diner ». Et je commence par l’horoscope.

3. Quel personnage de fiction aimeriez-vous avoir pour ami?

Personnages de fiction comme ami ? Tous les animaux des Fables de Lafontaine. J’adore les animaux qui parlent de nous.

MYRIAM BEAUDOIN (2017)

1. Quel livre a marqué vos 18 ans, vous accompagne-t-il encore aujourd’hui?

Madame Bovary. Son essence romantique, son pouvoir descriptif, ses ambiances, sa lenteur, m’habitent en tant que femme et écrivaine.

2. Quel est votre plaisir coupable de lecture?

Il n’y a pas, selon moi, de plaisir coupable de lecture. Ne nous sentons pas mal de lire tout ce qui nous intéresse.

3. Quel personnage de fiction aimeriez-vous avoir pour ami?

Da, la grand-mère de de Dany Laferrière, très présente dans son œuvre.

DANIEL GRENIER (2017)

1. Quel livre a marqué vos 18 ans, vous accompagne-t-il encore aujourd’hui?

Le comte de Monte-Cristo, d’Alexandre Dumas. Ce livre m’a marqué pour la vie, plusieurs images continuent de me hanter : le tunnel du père Faria, les récifs dangereux du château d’If, les yeux clignotants de Noirtier. Il a toujours une grande influence sur ma démarche puisqu’il représente ce que la littérature romanesque peut faire de mieux : nous apprendre des choses tout en nous divertissant et en nous permettant d’oublier à quel point elle nous manipule pour nous emmener là où elle le veut bien.

2. Quel est votre plaisir coupable de lecture?

À une certaine époque, j’aurais peut-être répondu que Stephen King était un plaisir coupable, mais ces dernières années, la vision de ce qu’on appelle les littératures de « genre » a bien évolué, et plus personne ne se moquerait de l’œuvre d’un géant du roman comme King. On sait bien, tous et toutes, qu’on ne lui arrive pas à la cheville.

3. Quel personnage de fiction aimeriez-vous avoir pour ami?

J’aurais aimé être l’ami de Jo March, la protagoniste des Quatre filles du docteur March, de Louisa May Alcott. Entre autres parce que Jo est écrivaine, et je sais qu’on aurait pu parler de plein de choses ensemble. Et aussi parce que j’aurais aimé pouvoir la consoler lorsque sa sœur Amy, après une dispute, a brûlé son manuscrit en chantier pour se venger. Une des premières scènes de manuscrit perdu de la littérature moderne. Chaque fois que je la relis, j’ai un pincement au cœur et je m’empresse de faire des copies de mes projets en cours sur mon disque dur externe.