Les offrandes

Maude a quitté la Côte-Nord pour le Mexique à dix-huit ans. Après des études en criminologie, elle est devenue détective privée, spécialisée dans les affaires de disparition d’animaux domestiques. Quand son ex-belle-mère l’invite dans un restaurant chic, elle présume qu’on aura kidnappé son épagneul tibétain, mais la vérité est bien plus noire. Deux jeunes femmes de ménage ont été retrouvées pendues dans la cour d’un immeuble de luxe.

Voilà comment s’amorce l’implacable mécanique d’un « roman noir initiatique », plongée dans le Mexico des bas-fonds et de la haute, des artistes et des crapules, des monstres et des merveilles.

Extraits du livre

Ouvrir son cœur

Ce livre s’appelle Ouvrir son cœur. Le sujet de ce livre, c’est la honte. Ce livre raconte ma vie, des morceaux de ma vie. Il raconte la solitude d’une enfant, l’école peuplée de camarades qui savaient, eux, comment être des enfants, comment être un groupe, alors que je ne savais pas. Il raconte l’histoire de mon œil. Il raconte les chirurgies, la peur, et l’amitié fusionnelle et jalouse avec une petite fille lumineuse, que la mort guettait. Il raconte une adolescence atrabilaire et secrète. Il raconte une petite ville industrielle, son usine immense et inhumaine, aux allures de vaisseau générationnel, et l’été de terreur et d’hébétude que j’y ai vécu, avant ma fuite à Montréal, qui n’arrangera rien. En racontant, j’essaie de comprendre comment les souvenirs deviennent des souvenirs, les personnes des personnes, les livres des livres. L’instant présent est inconnaissable et le passé est perdu. Les souvenirs, les livres, les personnes se construisent en se racontant. En se racontant, ils se transforment. Rien n’est jamais fixé. Au bout de cette histoire se trouve la mort. Ce livre s’appelle Ouvrir son cœur. Le sujet de ce livre, c’est la mort. — Alexie Morin

Extraits du livre

Shuni

Elle avait l’écoute facile. Le jugement absent. J’avais la parole continue. Nos rêves de gamines en commun. Elle n’avait jamais peur dans la forêt, même en pleine nuit. J’avais la certitude qu’elle me protégerait des ours parce qu’elle était la fille du pasteur et que ses prières seraient exaucées, contrairement aux miennes, moi, fille de personne. Lorsqu’elle est partie, on s’est promis de s’envoyer des lettres. Mais on ne s’est jamais écrit. On avait peu à se dire, tout compte fait.

Des années plus tard, après ses études en travail social, j’ai appris qu’elle reviendrait à Uashat en tant que missionnaire. Seule cette fois-ci.

C’est aujourd’hui que je décide de lui écrire. Ces mille mots que j’ai entassés dans mes cahiers, dans ma tête, depuis que je vis moi aussi, loin, si loin de chez moi. Ce qui m’a traversée, ce que j’ai laissé, ce qui m’a fait grandir, ce que j’aime. Sans conseil et sans reproche. Parce que je crois qu’avant d’aider qui que ce soit, avant de tenter de transformer des peines incomprises en joies, des drames pas racontés en allégresses, avant de leur parler de Dieu, il faut bien commencer par les connaitre. Et leurs histoires, leurs identités, leurs idéaux, ce à quoi ils rêvent la nuit. Le quotidien de ces gens vers qui elle a choisi d’aller.

Extraits du livre

L’évasion d’Arthur ou La commune d’Hochelaga

Tout commence quand Arthur, dix ans, trouve de la crème glacée au fudge dans la neige, et que trois petits voyous, les RJ, lui cassent la gueule. Arthur se sauve et se réfugie dans une école désaffectée, où il tombe sur Choukri, alias Barbe bleue, dandy schizophrène et premier citoyen de la commune d’Hochelaga. Là vivent du monde qui veulent changer le monde. Avec Styve Taillefer, Arthur se met à revendre ses médicaments dans la cour d’école; ensemble, ils se lancent dans le trafic de pilules pour financer la révolution. La vie se transforme: le mois de mars rallonge, des barricades de neige hautes comme des maisons apparaissent dans les rues du quartier, on creuse un tunnel sous la commune et on joue au golf sur les glaces du fleuve. La police va finir par s’en mêler, c’est sûr, mais rien ne peut plus les arrêter.L’évasion d’Arthur ou La commune d’Hochelaga, c’est des enfants, des poqués, des anars, des malades, qui prennent leur vie en main et exigent l’impossible; c’est le roman comique d’un écrivain à l’esprit contestataire et à l’optimisme radical.

Extraits du livre

Suzanne Travolta

Suzanne Travolta est un premier roman construit comme une tragédie contemporaine, une interrogation à plusieurs voix autour d’un suicide, celui de Marie-Josée, scénographe obscure et soeur d’un acteur célèbre. Et autour d’une ville, Montréal (Québec, Canada). Tout le monde parle de Marie-Josée. Sa voisine, Suzanne, la première narratrice du livre, avec Georgia, la grande amie de Marie-Josée, Ray, l’ami d’enfance, et son frère Laurent…Ils parlent tous d’elle. Et Suzanne raconte, rapporte ce que disent les autres, et raconte dans le même temps sa rencontre avec Ray, Georgia et Laurent. Qui était Marie-Josée ? Pourquoi s’est-elle suicidée ? Personne n’est en mesure de répondre véritablement mais tout le monde croit savoir quelque chose.

Un autre narrateur conduit également l’histoire, en alternance avec Suzanne, le seul à ne pas se préoccuper de Marie-Josée, c’est Bob. Personne ne le connaît. Il ne connaît pas Suzanne mais c’est à elle qu’il s’intéresse. Il est chargé de l’observer, d’enquêter sur elle. Il sait et raconte alors sur elle des choses qu’elle-même ne raconte pas.

Extraits du livre

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